Publié dans Editorial

Kabary Malagasy oui mais … !

Publié le mercredi, 29 décembre 2021

Parlons Culture, un intrus peut-être, en ces temps si complexes !
L’UNESCO admet d’inscrire le « Kabary Malagasy » dans le tableau du patrimoine immatériel mondial. Un signe d’honneur et de dignité à l’endroit de la culture nationale malagasy.  Egalement d’une consécration d’un effort et ténacité du département de la Communication et de la Culture.
 Tellement obnubilés par la politique et ses variants par la crise sanitaire, par les vicissitudes de la vie quotidienne que nous ignorions les autres domaines animant nos existences ici-bas sur terre.
La Culture constitue une des bases fondamentales et essentielles sur laquelle s’érige l’identité exclusive d’un peuple. Un peuple ou un pays sans culture relève tout simplement du domaine du non-sens ou de l’abject ! Tout régime politique surtout celui du pouvoir conquérant mise à phagocyter voire à annihiler la culture du pays conquis. Aussi, pour asseoir dans la durée son pouvoir, le régime colonial sape-t-il sciemment le socle de la culture du pays colonisé. Déculturé le peuple en particulier, les jeunes rament dans le vague et adoptent sinon gobent aveuglément la culture des envahisseurs. Malheureusement, le semblant intelligentsia du pays, notamment les jeunes déculturés, abandonnent volontairement les couleurs nationales. Le régime Orange réserve une place de choix à la Culture (Velirano Point IV).
Le « Kabary Malagasy », à la différence des autres composants de la culture nationale, résiste et tient tête aux invasions culturelles de l’extérieur. Depuis la nuit des temps, nos Ancêtres maîtrisaient le maniement du verbe. Une magie de la parole que les anciens en ont le secret. Le Kabary constitue ainsi l’identité culturelle nationale de Madagasikara. Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, l’art oratoire tient toujours une place prépondérante dans la vie de la communauté. Il est la pièce maîtresse de la vie de chaque famille. Tous les évènements majeurs de la vie tels la naissance, le mariage et le décès s’articulent autour du Kabary. A l’époque de la monarchie, le Kabary joue fondamentalement le rôle de relais, au sens unique, entre le souverain et son peuple. En effet, le vahoaka n’a pas le droit de kabary vis-à-vis de son roi. Et tous les actes du pouvoir royal se transmettent par les Kabary.
Ceci étant, celui qui maîtrise l’art de la parole ou du discours, le Mpikabary, est un personnage de premier ordre dans la société. Un homme, d’un certain âge, respecté et respectable, un notable dans la communauté ! Mais avec l’évolution des mentalités, le Kabary n’est plus l’apanage des hommes, la gent féminine perce le domaine sacré et réservé aux hommes. Les jeunes aussi font leur part. Des Instituts privés de formation au Kabary pullulent. Et tout le monde devient « Mpikabary ». Et c’est ici que le bât blesse !
La vulgarisation des écoles de formation des Mpikabary, le niveau culturel de la chose se banalise. La joute oratoire se transforme en litanies rébarbatives. Si par hasard vous assistiez à une cérémonie de « Vodiondry », vous aurez l’impression d’assister à un concours de récitation vulgaire et dénué de  toute finesse et manque de subtilité. Le plaisir de l’ouïe n’y est plus ! Un bémol auquel tout le monde doit prêter attention.
A la longue, la valeur culturelle du Kabary risque de se dégrader.  
Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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